Alliance Africaine de Faîtières pour l’Eau et l’Assainissement

12e Atelier régional de l’AAFEA à Cotonou : la société civile mobilisée pour les droits humains à l’eau et à l’assainissement en Afrique de l’Ouest et du Centre

Nov 2, 2026 | Actualités

Du 19 au 23 octobre 2026, la ville de Cotonou a accueilli le 12e atelier régional de l’Alliance Africaine de Faîtières pour l’Eau et l’Assainissement (AAFEA). Placée sous le haut patronage des autorités et en présence du Ministre béninois de l’Eau, de l’Énergie et des Mines, cette rencontre majeure a mobilisé les organisations de la société civile (OSC) de neuf pays de la région.

Un impératif régional face aux défis structurels

Malgré les engagements pris dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), l’Afrique subsaharienne continue de faire face à d’immenses défis dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (EHA). Selon les données récentes, seulement 31,7 % de la population bénéficient d’un service d’eau géré en toute sécurité, et 404 millions de personnes sont encore privées d’un accès de base à l’eau potable. En matière d’assainissement, la situation est encore plus préoccupante : seulement 26 % de la population a accès à un service géré en sécurité, et 64,6 % (soit 803 millions de personnes) restent sans service de base.

C’est dans ce contexte critique que s’est ouvert le 12e atelier de l’AAFEA, coorganisé par le Cadre de concertation des Acteurs Non-Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement du Bénin (CANEA), l’AAFEA, la Coalition Eau et Join For Water. L’événement a mis en lumière un thème central et urgent : « Droits humains à l’eau et à l’assainissement en Afrique de l’Ouest et du Centre : renforcer le plaidoyer de la société civile sur l’hygiène et l’assainissement ».

Cinq jours de travaux stratégiques

Durant cinq jours de réflexions et d’échanges d’expériences, les délégués des faîtières nationales ont structuré leurs actions autour de plusieurs axes prioritaires :

  • Le partage de stratégies de plaidoyer : Capitalisation sur les initiatives nationales réussies en matière de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base.
  • L’intégration de la GIRE : Analyse des enjeux liés à la Gestion Intégrée des Ressources en Eau, soulignant le lien indissociable entre la protection des écosystèmes aquatiques et les droits humains.
  • Le renforcement des capacités financières : Réflexion sur la viabilité économique de l’AAFEA et de ses membres et la diversification des sources de financement.
  • L’avenir de l’Alliance : Réflexion prospective sur l’avenir de l’Alliance à partir de 2027.
  • Les agendas internationaux : Concertation active en vue de porter la voix de la société civile africaine lors des prochaines grandes échéances multilatérales, notamment la Conférence des Nations Unies sur l’eau d’Abou Dabi en décembre 2026.
  • Visite terrain : Découverte de la station de traitement des boues de vidange d’Abomey Calavi.

La Déclaration de Cotonou

L’atelier de Cotonou a également permis de réaffirmer la position de l’Alliance, qui ambitionne de s’affirmer durablement comme le pôle d’influence francophone de référence sur l’eau et l’assainissement sur le continent. Les participants ont salué la force du réseau, résolu à passer du statut de simple partie prenante à celui d’acteur clé et incontournable de la gouvernance sectorielle en Afrique de l’Ouest et du Centre.

C’est dans ce contexte que les collectifs membres de l’Alliance ont produit une déclaration commune, appelée déclaration de Cotonou. Celle-ci appelle notamment à :

  • Engager une révision urgente, inclusive et budgétisée des politiques, stratégies et plans d’action sectoriels pour les aligner aux défis contemporains et garantir une articulation cohérente entre eau, hygiène, assainissement et climat ;
  • Intégrer effectivement les problématiques spécifiques et sensibles, notamment la gestion de l’hygiène menstruelle et l’inclusion des personnes vulnérables ainsi que des populations résidant dans les zones les plus défavorisées ;
  • Renforcer les mécanismes d’appropriation et de mise en œuvre de la Déclaration de Ngor, appuyés par des ressources financières et techniques suffisantes et un engagement politique constant à tous les niveaux ;
  • Produire des comptes WASH nationaux qui fournissent aux responsables politiques et aux décideurs à tous les niveaux, des données fiables, facilement accessibles et complètes sur les systèmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène, y compris la gouvernance, le suivi, les ressources humains et les finances ;
  • Intensifier la coopération régionale et internationale, afin de partager les bonnes pratiques, mobiliser les partenaires techniques et financiers, et promouvoir une hydro-diplomatie constructive et inclusive.

La Déclaration de Cotonou a été présentée puis remise au directeur général de l’eau du Bénin lors de la cérémonie de clôture.